Mairie de Budos
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La chapelle St Pierre
La chapelle St Pierre

   A environ deux kilomètres de l'église paroissiale, et au milieu des pins, un peu à gauche de la route de LANDIRAS, se voit un reste de vieux murs à peu près informes aujourd'hui, qui furent la "chapelle Saint Pierre", dans laquelle, le jour même et le lendemain de la fête du saint, il y avait un grand concours de monde des paroisses voisines, même de celles qui étaient éloignées.

   Le curé de la paroisse y faisait également le service de la chapelle Saint Pierre, il devait y dire la messe le jour de la fête du saint et la population s'y rendait en procession le lendemain. Malheureusement cette assemblée fut l'occasion de déplorables abus; si bien qu'en 1763, le Curé Jacques DORAT demanda à Mgr. AUDIBERT de LUSSON de supprimer cette dévotion. Après maintes péripéties il accéda à sa demande.  

   Il s'en suivit un interminable procès entre les BUDOSSAIS qui voulaient conserver leur fête et chercher à la rétablir, et leur curé qui s'y opposait.

   En définitive, ce fut le Curé DORAT qui obtint gain de cause. Les célébrations religieuses furent bien supprimées, mais ...les Budossais, quant à eux, maintinrent leurs festivités profanes en les transportant dans le bourg du village. Elles s'y sont d'ailleurs maintenues jusqu'à nos jours. Ce n'est évidemment pas ce qu'avait recherché le Curé DORAT lorsque, dans un coup d'éclat, il avait voulu supprimer cette fête.

   Vendue comme bien national en 1793, la Chapelle St Pierre devint la propriété de Gilbert POLET qui entreprit sa démolition et, au début du XIXème siècle, en fit une carrière de pierres.

   Elle faillit pourtant être restaurée par la volonté d'un Budossais, Nicolas LACASSAIGNE, habitant du quartier de causson. En effet, par son testament en date du 29 septembre 1832, il avait pris un certain nombre de dispositions en ce sens. Ce texte, à l'orthographe incertaine, nous a été conservé :

   "Je faits un lects pour faire rétablir la Chapelle St Pierre, de la somme de trois mille francs et cette somme sera perçue sur mon bien qu'après le décès de Marie CAMPAIGNE, mon épouze ... (dès que celle-ci) sera décédée la reconstruction de la Chapelle commencera dans le mois de son décès ... la façade (étant) la même comme elle était à l'encienne Chapelle, et une foix que la dite Chapelle sera finie, je prie tous les brabes chrétiens de la commune de vouloir bien y prester la main ... et une fois qu'elle sera parachevée, il y sera dit une messe tous les mois, (et) je prie tous les paroissiens de vouloir y assister et y faire leurs dévosions comme on faisait à l'encienne Chapelle dans le temps qu'elle existait. (De plus), ces mots seront écrits en grandes lettres au-devant de l'autel, que cette Chapelle a été rétablie (en) telle année au dépens de mon bien, d'après le veux que j'avais fait à Dieu et à notre Seigneur Jésus Christ."

   On ne prit connaissance de ce texte qu'au décès de Nicolas LACASSAIGNE, survenu le 26 mai 1842. L'Abbé DE BORRIT, Curé de BUDOS de l'époque, informé de ces dispositions, fut plongé dans une grande perplexité. Il demanda conseil à son Archevèque qui, en février 1843, lui conseilla de refuser ce legs. Il n'était pas en effet évident que les 3000 francs (somme pourtant conséquente à l'époque) suffisent à rétablir l'édifice en son état primitif, ni surtout d'en assurer son entretien ultérieur. Par ailleurs, l'acceptation du legs aurait également conduit à assurer la charge du service religieux mensuel au lieu et place du seul service annuel assuré jusqu'en 1763. Encore n'était-il pas sûr que les "brabes chrétiens" de la paroisse s'y soient précipités en masse ... Pour toutes ces raisons, le Curé DE BORRIT renonça à ce legs et la Chapelle St Pierre fut définitivement abandonnée, en l'état, à l'usure du temps.

   Ce qui reste des murs, au milieu des pins maritimes, peut mesurer environ une quinzaine de mètres de longueur sans compter l'abside circulaire, dont on retrouve les fondations, et six à sept mètres de façade.